Uvira, Sud-Kivu : une tribune d’expression réunit défenseurs des droits humains et autorités locales autour des défis liés à leur mission
Une tribune d’expression a été organisée ce vendredi 3 octobre 2025 dans la salle Aquarius 2 de l’économat général à Uvira par l’organisation Popoli Fratelli, avec l’appui du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) de la MONUSCO.
L’activité s’inscrit dans le cadre du projet : «Appui aux capacités techniques et logistiques des réseaux de protection et des points focaux territoriaux afin de couvrir toutes les localités ciblées dans le suivi de la situation des droits de l’homme et de protection au Sud-Kivu».
L’événement a réuni plusieurs défenseurs des droits humains venus de differents coins de la province du Sud-Kivu dont Uvira, Fizi, Bukavu, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kalehe, Kabare et Idjwi, ainsi que des autorités locales, parmi lesquelles le ministre provincial de la Justice, droits humains, genre, famille et enfant et personne vivant avec handicap, Mayani Shindano Faustin, le Maire de la ville d’Uvira et Maire intérimaire, Kifara Kapenda K’yky, et des représentants des services de sécurité (police, ANR, justice).
Selon Maître Trésor Basubi, chef de projet et responsable du département des droits de l’homme au sein de Popoli Fratelli RDC, cette tribune visait à instaurer un dialogue direct entre les défenseurs des droits humains et les autorités locales autour des obstacles qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur mission.
«Cette activité fait suite à une recommandation issue de l’atelier de vulgarisation de la loi et de l’édit provincial sur la protection des défenseurs des droits humains. L’objectif était de réunir, autour d’une même table, les défenseurs des droits de toute la province pour dialoguer avec les autorités sur les atteintes dont ils sont victimes», a-t-il déclaré.
Les discussions ont mis en lumière les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les défenseurs des droits humains dans le Sud-Kivu, malgré l’existence de la loi nationale de 2023 et de l’édit provincial de 2016 garantissant leur protection. Arrestations arbitraires, intimidations, menaces, entraves à l’accès aux lieux de détention : les violations signalées sont multiples et souvent perpétrées, selon les participants, non seulement par des autorités politico-administratives mais aussi des éléments des FARDC et des groupes armés locaux tels que les Wazalendo.
Parmi les recommandations formulées lors de cette tribune figurent :
- La nécessité de mener un plaidoyer au niveau national, notamment à Kinshasa, pour une meilleure application des textes légaux protégeant les défenseurs des droits humains ;
- L’engagement d’un dialogue spécifique avec les Wazalendo afin de sensibiliser à la mission et aux droits des défenseurs ;
- La libération des zones sous occupation afin de permettre aux défenseurs des droits humains d’exercer leur travail sans entrave.
Notons que les participants issus d’autres zones de la province en dehors de la ville d’Uvira, ont suivi les échanges à distance via une plateforme en ligne.
L’initiative de Popoli Fratelli s’inscrit dans un contexte où la protection des défenseurs des droits humains reste un enjeu majeur en République Démocratique du Congo, en particulier dans les zones en proie à l’insécurité comme la province du Sud-Kivu.
Sifa Munyaka Angèle

