10 journalistes remportent le prix Concours ProPaix, 4ème édition «Jinsiya kwa Amani» : Sifa Munyaka Angèle, remporté la première place pour les 5 meilleures productions médias
Dix journalistes des provinces de l’Ituni, du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo viennent d’être proclamés lauréats au concours Propaix «Jinsiya kwa amani», au cours d’une soirée de gala tenue ce vendredi 30 janvier 2026, à l’hôtel Elizabeth dans la ville de Bukavu, au Sud-Kivu.
Il s’agit de 5 meilleures productions médias et 5 mentions spéciales innovantes sur les thématiques liées à la promotion du genre, l’égalité des sexes ou la promotion des droits à la sante sexuelle et reproductive, les questions de la prévention des violences sexuelles et sexistes pour le changement positif des comportements des communautés ainsi qu’à la construction de la paix dans les provinces de l’Ituni, du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC.
Ce concours qui est à sa quatrième édition, a été organisé par l’Association des Femmes des Médias (AFEM Sud-Kivu) en collaboration avec la coopération allemande GIZ. Il s’inscrit dans le cadre du projet «Promotion des droits des femmes à travers la sensibilisation et la prise en charge holistique des survivantes des VBG et autres groupes vulnérables au Sud-Kivu», une démarche qui vise à encourager les journalistes à la production des sujets sur les thématiques de paix et préventions des Violences Sexuelles et celles basées sur le Genre(VSBG).
Sur 50 dossiers réceptionnés par l’équipe du jury, après analyse, 10 candidatures ont été retenues après.
Les lauréats ont produit des émissions, des magazines, des articles et des vidéos qui s’inscrivent dans les thématiques mentionnées ci-dessus.
En raison du contexte sécuritaire actuel dans la région, la première lauréate, Sifa Munyaka Angèle, journaliste à Radio Notre-Dame de Tanganyika, n’a pas pu se rendre à Bukavu. Dans un message adressé aux organisateurs et envoyé par mail, elle a salué l’organisation du concours PROPAIX «Jinsiya kwa amani». Ce concours, selon elle, encourage les journalistes de l’Est de la RDC qui, malgré les nombreux défis auxquels ils font face, notamment la sécurité, continuent de dénoncer les abus et de sensibiliser la communauté sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et la promotion de l’égalité des genres pour une paix et une stabilité durables.
«Ce prix vient récompenser tous les efforts consentis pour cette production menée dans des conditions extrêmement difficiles à Uvira, marquées par l’insécurité persistante, les tirs, les violences et un climat de stress permanent. J’ai dû fournir d’importants efforts pour obtenir des réactions, tant des autorités civiles que militaires, dans ce contexte particulier où personne ne voulait parler au micro. Cette pression, combinée aux réalités vécues sur le terrain, a gravement affecté ma santé, au point que j’ai été hospitalisée alors que le travail n’était pas encore terminé. Malgré mon état de santé, je quittais parfois l’hôpital pour aller chercher les derniers éléments nécessaires à l’émission, une émission qui a pour objectif de susciter une implication réelle des autorités dans la prévention des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes, afin de permettre à ces dernières de s’épanouir et de participer pleinement à la restauration de la paix à Uvira.», a-t-elle souligné dans son message.
Représentée lors de la cérémonie de remise des prix par sa petite sœur, Mwenge Musimbi Vanessa, Sifa Munyaka Angèle a affirmé sa détermination à poursuivre son engagement en faveur du respect des droits des femmes et des filles dans sa région.
Il convient de noter que l’émission de Sifa Munyaka, Mwanamuke na Amani, a abordé la question de la crise sécuritaire à Uvira, en se concentrant sur ses conséquences pour les femmes. Le thème de l’émission était : «La crise sécuritaire et son impact sur la femme à Uvira : violences sexuelles et droits des femmes, quelles mesures prises par les autorités pour prévenir ces violences?»
Signalons que les lauréats ont bénéficié de certains outils tels que des ordinateurs, des dictaphones, des flashes et des casquettes et des livres cadrant avec le journalisme sensible aux conflits.
Alain Kiza Fregate

