Prévenir les Violences Basées sur le Genre à Uvira : FADI Organise une Séance d’Échanges et de Réflexion sur la Prévention des VBG
L’organisation Femmes en Action pour le Développement Intégré (FADI asbl) a organisé une séance d’échanges et de réflexion autour de la prévention des violences basées sur le genre (VBG) dans la ville d’Uvira.
Placée sous le thème «Ensemble pour la prévention des VBG et la promotion des droits des femmes et des filles durant cette période de crise à Uvira», cette activité a réuni plus de trente participants, parmi lesquels des représentants d’organisations humanitaires, des acteurs de la société civile ainsi que des jeunes, des femmes et des filles leaders.
La rencontre s’est tenue dans la salle de l’hôtel Amisi, situé au quartier Rombe 2 et s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.Kashindi Musa Patient, chargé de programme au sein de FADI, a expliqué que la crise sécuritaire persistante à Uvira a gravement aggravé la situation des violences à l’égard des femmes et des filles, notamment les violences sexuelles.
Se référant aux statistiques du groupe de travail (GT-VBG d’Uvira), issues de l’Hôpital général de référence d’Uvira, il a indiqué qu’en décembre 2025, plus de 179 cas de violences sexuelles avaient été enregistrés. Cependant, à la fin du mois de janvier 2026, ce nombre a presque triplé, atteignant 314 cas dans les différentes aires de santé d’Uvira. Cette augmentation rapide est directement liée à l’escalade de la crise sécuritaire qui touche particulièrement les femmes et les filles.
Par ailleurs, une analyse menée par ce groupe de travail révèle que, dans six aires de santé accessibles de la zone de santé d’Uvira, plus de 250 cas de violences basées sur le genre ont été recensés entre décembre 2025 et la mi-février 2026. Ces statistiques restent toutefois en deçà de la réalité, car de nombreux cas ne sont pas signalés, certaines victimes hésitant encore à se rendre dans les structures de prise en charge en raison de la stigmatisation, de la peur ou du manque d’information.
Dans ce contexte marqué par la recrudescence des violences sexuelles, des discriminations et des atteintes aux droits fondamentaux, l’engagement collectif devient plus que jamais nécessaire pour promouvoir l’émancipation, la protection et la défense des droits des femmes et des filles, a ajouté Kashindi Musa Patient.
Cet atelier, organisé dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des femmes à Uvira, constitue ainsi une opportunité de sensibiliser les communautés, les organisations féminines, les acteurs de la société civile et les autorités locales à la situation préoccupante des femmes et des filles dans la ville et le territoire d’Uvira. Il vise également à encourager la mise en place d’initiatives concrètes pour renforcer leur protection et faire respecter leurs droits.
Pour sa part, Neema Mutambo, coordinatrice de FADI, a expliqué que cette activité vise à attirer l’attention des acteurs de la société civile, des organisations féminines et des leaders locaux sur la gravité de la situation que vivent les femmes et les filles dans ce contexte de crise sécuritaire.
Elle a précisé que l’activité vise également à encourager les organisations de la société civile, les associations féminines et les leaders communautaires à intensifier leurs actions de prévention des violences basées sur le genre à différents niveaux d’intervention. L’objectif est aussi d’inciter à la mise en place d’actions collectives et à une collaboration renforcée entre les organisations et les leaders locaux, afin d’accroître l’impact des initiatives de prévention des VBG dans la ville et le territoire d’Uvira.
Elle a enfin appelé les participants à honorer leurs engagements et à renforcer les stratégies de sensibilisation communautaire pour une lutte plus efficace contre les VBG.
De son côté, Gertrude Aimée Ramazani, coordinatrice de la compagnie EMAUSI et facilitatrice de l’activité, a invité les participants et les organisations engagées dans la lutte contre les VBG à procéder à une auto-évaluation de leurs interventions. Elle a encouragé les acteurs présents à analyser l’impact réel de leurs actions face à l’augmentation des cas de violences dans la communauté, à identifier les défis rencontrés, les faiblesses observées et à proposer des pistes de solutions susceptibles d’améliorer la situation.
Selon elle, de nombreuses organisations concentrent leurs efforts principalement sur la prise en charge des victimes, tout en accordant moins d’attention à la prévention, qui constitue pourtant une étape essentielle pour réduire et prévenir les violences basées sur le genre.
Les organisateurs ont enfin rappelé que cette activité s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée en République démocratique du Congo sous le thème national : «Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles en RDC». Ce thème met en évidence l’importance cruciale de garantir les droits fondamentaux des femmes et des filles, particulièrement dans un contexte où les violences basées sur le genre, notamment les violences sexuelles, atteignent un niveau alarmant, ont-ils conclu.
Sifa Munyaka Angèle

