Uvira : Balobaki Check et le CICR renforcent les capacités des journalistes et influenceurs en vérification des faits et à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative
Plus de 20 journalistes et influenceurs d’Uvira et de Fizi ont été formés à la vérification des faits en période de conflit et à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative. La formation, organisée par le média de vérification des faits Balobaki Check, avec l’appui du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), bureau d’Uvira, s’est tenue du jeudi 24 au vendredi 25 septembre 2026 à l’hôtel Suzana, à Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Cette session de deux jours visait à renforcer les capacités des professionnels des médias et des influenceurs à vérifier l’exactitude des informations avant leur diffusion, particulièrement dans un contexte marqué par les conflits et la circulation rapide de fausses informations sur les réseaux sociaux.
Pour Ange Kasongo, directrice de Balobaki Check et facilitatrice de la formation, l’objectif était notamment de sensibiliser les participants aux outils de l’intelligence artificielle générative, à leurs possibilités d’utilisation dans les rédactions, mais également à leurs limites.
Elle a également insisté sur la nécessité pour les journalistes de maîtriser les outils permettant de détecter les images sorties de leur contexte. Selon elle, dans un contexte de conflit, les différentes parties peuvent chercher à manipuler l’opinion publique, y compris les journalistes.
Ange Kasongo estime ainsi qu’il est important que les journalistes soient sensibilisés aux fausses informations et disposent des outils nécessaires pour mieux jouer leur rôle d’acteurs sociaux.
De son côté, Daddy Oumarou Rabiou, coordinateur de la communication du CICR en RDC a souligné la pertinence de cette session au regard des enjeux liés à la désinformation, à la mésinformation et aux discours de haine. Il a expliqué que ces phénomènes peuvent avoir des conséquences importantes sur les communautés affectées par les conflits armés ainsi que sur l’action humanitaire.
Selon lui, les journalistes peuvent jouer un rôle de sentinelles et de gardiens d’une information fiable et utile aux communautés. Il les encourage ainsi à renforcer leur contribution à la prévention et à la réduction de la désinformation, notamment à travers la vérification des faits.
Intervenant au cours de cette formation, Christian Bahati Mastaki, chargé de communication du CICR à Uvira, a pour sa part rappelé le mandat strictement humanitaire de cette organisation. Il a indiqué que le CICR œuvre à porter assistance aux personnes affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence, tout en protégeant leur vie et leur dignité.
Il a également rappelé que le CICR, en tant qu’organisation neutre, impartiale et indépendante, contribue notamment au rétablissement des liens entre les personnes séparées de leurs familles. L’organisation apporte également un appui à certains centres de santé et hôpitaux et soutient la prise en charge des personnes affectées par les conflits et autres violences.
Christian Bahati Mastaki a précisé que parmi les activités du CICR figure également le rappel, aux parties impliquées dans les conflits, de leurs obligations en matière de respect du droit international humanitaire.
Les participants ont recommandé la multiplication de ce genre d’activités en leur faveur. Ils estiment que ces formations leur permettent de mieux faire face à la circulation des fausses informations et aux nouveaux défis liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le traitement et la diffusion de l’information.
Cette activité organisée à Uvira intervient quelques jours après des sessions similaires consacrées à la vérification des faits et à la lutte contre la désinformation, organisées notamment à Bukavu et au Burundi.
Sifa Munyaka Angèle

