La globalisation des faits à la base de la déstabilisation de la confiance, la cohésion et la collaboration entre différentes communautés à Uvira
Plusieurs accusations qui circulent sur la toile depuis la détérioration de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu tendent toujours à la généralisation des faits. A Uvira par exemple, lorsqu’un individu s’engage dans une affaire quelconque, bon nombre d’habitants voient son appartenance tribale et accusent toute cette tribu. C’est le cas de la communauté Shi qui est taxée de voleuse et auteur de la déstabilisation de la province du Sud-Kivu, suite à une prétendue adhésion de Marcelin Cishambo, ancien gouverneur du Sud-Kivu, à un groupe armé. Au niveau de differentes barrières érigées par certains agens de sécurité sur le troncon entre Makobola-Baraka en Territoire de Fizi et celui entre Uvira et Luvungi, les membres de cette communauté y subissent différentes tracasseries et sont accusés être des frayeurs de chemin à l’ennemi pour faire tomber Uvira.
Face à ce comportement jugé infondé par certains analystes indépendants, le bureau de Coordination de la Nouvelle Société Civile Congolaise axe Sud, Sud-Kivu, condamne et appelle à l’unité.
Dans un entretien mercredi 11 juin 2025, Mafikiri MASHIMANGO, Coordonnateur de cette structure citoyenne souligne que ce n’est plus le temps de se diviser plutôt de promouvoir l’unité et la cohésion pour faire face à l’ennemi. Cette structure dit s’engager à rencontrer différentes couches impliquées pour des séances de sensibilisation afin d’y mettre fin.
Intérrogé à ce sujet, Juvenal TWAIBU, Analyste indépendant et Directeur du Centre Indépendant de Recherche et Etude au Sud-Kivu, CIRESK, renseigne que l’infraction est individuelle et ne peut être attribuée à toute une communauté. Stigmatiser une communauté à cause d’une prétendue adhésion personnelle au sein d’un groupe peut entraîner l’intensification de la crise et la violence dans le milieu. Il invite à l’acceptation mutuelle et au vivre ensemble.
«D’emblée les stéréotypes qui se développent à ce stade indexant uniquement une communauté comme éléments ou sympathisants des rebelles, est un élément très dangereux qui peut conduire à une intensification de la crise au Sud, Sud-Kivu. Par ce fait, nous recommandons aux médias et tout acteur de paix de multiplier les campagnes de sensibilisation auprès de nos jeunes et toute personne impliquée afin d’abandonner cette pratique. Le gouvernement Congolais à travers ses institutions présentes ici à Uvira doivent aussi s’impliquer pour ainsi amener les jeunes et les communautés à toujours opter pour le vivre ensemble. La même situation commençait à se développer à Kinshasa contre les swahiliphones mais elle a été éradiquée grâce à des actions de plaidoyer menées par différents acteurs» a-t-il conclu.
Article rédigé dans le cadre de la campagne Vrai ou Faux exécutée par la Corporation des Médias en Ligne, COMEL RDC et la SYMUF avec l’appui de la Benevolencija.
Redaction.

