Renforcement de la Cohésion Sociale à Uvira : Engagement des Jeunes, Femmes, Leaders communautaires et Autorités de base pour la prévention des violences communautaires
Face aux violences communautaires récurrentes rapportées dans la ville d’Uvira et qui fragilisent la cohésion sociale et l’unité au sein des communautés, des jeunes leaders issus de différentes organisations de jeunes, des jeunes femmes engagées, des leaders communautaires ainsi que des autorités de base ont pris l’engagement de redoubler d’efforts en développant des stratégies concrètes pour prévenir et combattre les violences communautaires, en fin de promouvoir la paix et renforcer la cohésion sociale dans la ville.
Cet engagement a été pris le mercredi 18 février 2026, au terme d’une séance de capitalisation consacrée à l’analyse de l’impact des travaux menés par trois cohortes de réflexion, organisées par le Centre de Développement Intégral de l’Enfant Rural (CEDIER), dans le cadre de son projet « Leadership des jeunes pour la cohésion sociale et le respect de la dignité », avec l’appui de la GIZ QUALIPRO. Ces dernières ont réfléchi sur les défis, les bonnes pratiques et les apprentissages en matière de leadership des jeunes et des autorités locales dans la prévention des violences communautaires. Les débats ont permis de revenir sur les événements tragiques du 18 janvier dernier, marqués par des pillages et des vols de biens publics et privés, par des personnes mal intentionnées.
« La ville d’Uvira connaît actuellement plusieurs violences communautaires qui compromettent gravement la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble au sein de nos communautés. Ces tensions sont souvent alimentées par le tribalisme, les discours de haine, la faible acceptation mutuelle entre les tribus, ainsi que par les récents événements du 18 janvier, la généralisation des faits, les stéréotypes et la mauvaise utilisation des réseaux sociaux, et d’autres facteurs. Face à cette situation, nous, femmes, jeunes, leaders communautaires et autorités, réaffirmons notre engagement à nous impliquer davantage et à renforcer les stratégies de prévention afin de réduire tout risque de violence et de bâtir une Uvira stable, pacifique et véritablement cohésive.» ont-ils déclaré, réaffirmant leur volonté de devenir des acteurs et actrices engagés dans la mise en œuvre d’actions visant à atténuer les cycles de violences au sein de la communauté locale.
Pour sa part, l’Union des Femmes des Médias pour la Paix (UFMP SUD, SUD-KIVU) s’est engagée à mener une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux, visant à promouvoir la cohésion sociale et à lutter contre la désinformation, l’un des facteurs majeurs contribuant aux violences dans la zone. Cette campagne comprendra la diffusion d’articles, d’infographies et des émissions radio, afin d’éduquer les populations et de lutter activement contre les messages erronés qui alimentent les tensions locales.
Sifa Munyaka Angèle, chargée de l’administration et des finances au sein de l’UFMP, représentant son organisation à ces assises, a expliqué que cette initiative vise à encourager les citoyens à réfléchir de manière plus critique à l’information qu’ils consomment et à promouvoir des valeurs de paix et de solidarité dans la communauté. «Nous devons tous nous mobiliser contre la désinformation, car figure parmi les principaux facteurs qui alimentent fréquemment les conflits et les violences dans notre région.», a-t-elle précisé.
De son côté, le Centre Culturel Mitumba, représenté par Bruz Anzuluni, a également pris l’engagement de renforcer la sensibilisation et les dialogues interculturels entre les jeunes à travers des espaces de ligala et des festivals culturels.
Le Conseil Urbain de la Jeunesse, représenté par son Secrétaire Exécutif et Président a.i Biru-d’or Birumba Musa, s’est engagé à mobiliser les jeunes et la communauté autour des thèmes de la cohésion sociale et de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Un événement public est prévu à l’occasion de la Journée internationale de la femme, où des discussions et des activités seront organisées pour sensibiliser davantage sur ces enjeux, a-t-il souligné.
Le Barza intercommunautaire des jeunes, quant à lui, représenté par son président Claude Watuna, a pris l’engagement d’organiser des dialogues réguliers entre les BUU et les autorités locales, dans le but de renforcer la collaboration et la prévention des violences communautaires à travers un échange constant d’idées et de solutions communes.
Enfin, plusieurs autres organisations et couches sociales présentes à cette rencontre ont pris des engagements concrets et projeté des actions face à ces défis, pour contribuer à prévenir les violences communautaires à Uvira.
Le Centre de Développement Intégral de l’Enfant Rural (CEDIER), s’est réjouie des résultats issus de ces cohortes et du niveau d’engagement manifesté par les différentes couches et structures impliquées. Armel Rutebeza, son chargé de programme, a indiqué que les changements attendus reposent sur une combinaison d’efforts individuels et collectifs, fondés sur une prise de conscience de la nécessité d’agir.
Il a invité les parties prenantes à mettre en œuvre leurs engagements pour éviter des erreurs commises dans le passé, notamment le non-respect d’engagements et la non-exécution d’actions prévues.
Selon les organisateurs, l’objectif de cette rencontre, organisée sous le thème «de la violence à la dignité par les actions», visait à sensibiliser les jeunes et les autorités de base en faveur de la rupture d’avec les attitudes et actions porteuses de germes de perpétuation des violences.
Notons que le projet «Leadership des jeunes pour la cohésion sociale et le respect de la dignité» vise à contribuer au renforcement de la cohésion sociale et la réduction des risques de violences et d’extrémisme par l’accroissement du leadership transformateur des jeunes et des femmes dans la ville d’Uvira.
Sifa Munyaka Angèle

