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Uvira : la journaliste Sifa Munyaka Angèle menacée par le porte-parole de l’UNC lors d’un match pour la paix et la fraternité

La journaliste Sifa Munyaka Angèle, de la Radio Notre Dame de Tanganyika (RNDT), dénonce des menaces et des propos injurieux proférés à son encontre par le porte-parole du parti politique Union pour la Nation Congolaise (UNC) fédération d’Uvira, ce dimanche, à l’issue d’un match amical pour la paix et la cohésion sociale qui a opposé les papas Catholiques aux prêtres du Diocèse d’Uvira au stadium Don Bosco de Kinaga, et qui s’est soldée par un score de 2 buts à 1 en faveur des prêtres.

Selon la journaliste, l’incident est survenu après le match. Zihalirwa Lomami Leonard, alias « Z », porte-parole de l’UNC fédération d’Uvira et l’un des papas Catholiques, l’aurait accusée d’être du côté des prêtres, avant de lui taper sur l’épaule droite et de l’insulter publiquement en la traitant d’«imbécile».

«Alors que je m’apprêtais à interviewer le capitaine de l’équipe des papas Catholiques, Cédric Matenga, ainsi que le vicaire général du Diocèse, initiateur de la rencontre, cet homme s’est approché de moi en affirmant, sur un ton élevé, que j’étais du côté des prêtres. Lorsque je lui ai demandé les raisons de cette accusation, il m’a insultée», a expliqué Sifa Munyaka Angèle.

Selon elle, Zihalirwa Lomami aurait tenté de l’intimider en évoquant sa position politique.

«Tu sais qui je suis? Je suis le porte-parole de l’UNC. Ne plaisante pas avec moi. Demain, tu te retrouveras au cachot du parquet», aurait-il déclaré devant plusieurs témoins présents sur place.

Sifa Munyaka Angèle rejette ces accusations qu’elle qualifie de gratuites. Elle insiste sur le fait qu’elle a couvert le match avec professionnalisme et sans parti pris.

«Les papas Catholiques ont été les premiers à ouvrir le score, et j’ai été la première à annoncer leur victoire dans le groupe de la radio. Par la suite, lorsque les prêtres ont égalisé puis inscrit le but de la victoire, j’ai également relayé ces informations. Je ne vois donc pas en quoi j’aurais fait preuve de partialité, d’autant plus que mon métier de journaliste ne le permet pas.», a-t-elle précisé. Elle a ajouté que son père, le professeur Adrien Milenge, faisait d’ailleurs partie de l’équipe des papas catholiques.

Elle souligne par ailleurs qu’elle n’entretient aucune relation particulière avec le mis en cause, en dehors du cadre professionnel, notamment lorsqu’il dépose des communiqués de son parti à diffuser à la RNDT. Elle indique aussi que ce dernier refuse parfois de s’acquitter des frais de diffusion exigés.

«On se croise en chemin et on ne se salue pas. J’ai été surprise par son comportement et je ne comprends pas ce qui peut le motiver», a-t-elle ajouté.

Face à cette situation, la journaliste appelle au renforcement de la sécurité des professionnels des médias, particulièrement dans le contexte difficile que traverse l’Est de la République Démocratique du Congo et la ville d’Uvira en particulier.Elle invite enfin la population ainsi que les acteurs politiques à faire preuve de tolérance et à soutenir les journalistes dans leur mission d’informer de manière objective, vérifiée et sans parti pris.

Redaction

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