Uvira, Sud-Kivu : Un enfant tué et un autre blessé par une grenade. La famille des victimes appelle à l’intervention urgente des autorités face à la situation sécuritaire qui prévaut à Uvira.
Un drame s’est produit dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 septembre 2025 dans la ville d’Uvira, qui a été secouée dès 21 heures par des tirs sporadiques entendus dans plusieurs quartiers. Une grenade a explosé, coûtant la vie à un enfant et blessée un autre. Gabriel Mpwaka, un garçon âgé de 8 ans, a été tué tandis que son frère Vladmin Djuma, âgé de 10 ans, a été blessé. Tous deux sont les fils de madame Nathalie Ligogo.
Les faits se sont déroulés aux environs de minuit, dans le quartier Namianda, sur l’avenue Musumba, non loin de la REGIDESO, dans la commune de Kalundu.
Isidore Mushagalusa, bailleur du ménage où loge la famille de ces deux victimes, a fait savoir à la rédaction de la Radio Notre Dame de Tanganyika que le corps de la jeune victime, Gabriel, orphelin du père, a été transporté à la morgue de l’Hôpital Général de Référence d’Uvira, tandis que le blessé a été conduit au centre de santé mère et enfant pour des soins médicaux. Ce dernier a regagné son domicile dans la matinée de ce samedi après sa prise en charge médicale.
«Nous avons traversé un événement tragique qui nous a violemment arraché l’un de nos fils, tandis que l’autre a été grièvement blessé suite à l’explosion d’une grenade lancée au-dessus de notre maison. L’engin militaire a terminé sa course dans la chambre de nos deux enfants, précisément à l’endroit où Gabriel posait sa tête. Vu que la situation était incontrôlée, nous avons immédiatement sollicité l’intervention des éléments des FARDC de l’unité des Foudres, qui nous ont accompagnés jusqu’au centre de santé Mère et Enfant. Là-bas, les médecins nous ont confirmé que notre petit Gabriel était déjà décédé. Ils ont ensuite rapidement pris en charge notre autre fils, blessé lors de l’explosion. Après avoir reçu les premiers soins, nous avons pu rentrer à la maison avec lui au matin. Le corps de Gabriel, quant à lui, a été transféré à l’hôpital général de référence d’Uvira.» a-t-il précisé.
Isidore Mushagalusa lance un appel aux autorités urbaines, provinciales et nationales afin qu’elles s’impliquent de toute urgence dans la résolution des problèmes sécuritaires qui sévissent à Uvira. Il estime qu’une action rapide et coordonnée est indispensable pour ramener la paix et la stabilité dans cette région confrontée à des violences armées et à l’insécurité.
«Avec la situation que traverse actuellement notre ville d’Uvira, marquée par des tirs sporadiques venant de toutes parts, nous sommes profondément traumatisés et psychologiquement instables. Chaque jour, aux environs de 18h ou 19h, nous vivons dans la peur, nous attendant à tout moment à entendre des coups de feu. Ceux qui tirent ces balles jour et nuit devraient identifier et utiliser d’autres moyens pour faire entendre leur mécontentement. À défaut, ils risquent d’anéantir toute une population innocente. J’en appelle aux autorités compétentes afin qu’elles assurent la sécurité de la population et de ses biens, et qu’elles s’impliquent de toute urgence pour trouver une solution durable à la crise que connaît Uvira. La population civile ne demande qu’une seule chose : vivre en paix.» a exhorté Isidore Mushagalusa.
Notons que depuis le mardi 2 septembre, des tirs sporadiques retentissent nuit et jour dans la ville d’Uvira, dans un climat de contestation de la présence du général de brigade Gasita Olivier. Ce dernier a récemment été réaffecté au poste de commandant second chargé des opérations et des renseignements au sein de la 33e région militaire, basée dans cette même ville.
Une série de journées «ville morte» a été lancée à partir du mercredi 3 septembre par des structures de la société civile ainsi que des mouvements citoyens pour exiger le départ immédiat de cet officier supérieur, qu’ils accusent d’avoir contribué à la perte de certaines positions stratégiques des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu au profit du mouvement rebelle M23.
Depuis le début de cette mobilisation, le mardi 2, toutes les activités socio-économiques sont à l’arrêt : boutiques, magasins, marchés, banques, agences de voyage, stations-service, écoles et universités sont restés fermés. Les principales artères de la ville sont désertes, seuls les véhicules des FARDC y circulent.
Rappelons qu’une réunion s’est tenue ce vendredi 5 septembre dans l’auditorium des femmes et filles de la mairie d’Uvira, à l’initiative de l’autorité urbaine. Malgré les échanges, les organisateurs de la ville morte, avec l’appui des mutualités locales et des combattants Wazalendo, ont réaffirmé leur position. Ils maintiennent leur mouvement jusqu’au départ du général Gasita Olivier.
Sifa Munyaka Angèle

