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Katogota : 26 ans après le massacre, les victimes réclament justice et réparation.

La population de Katogota, réunie au sein de l’Association des Victimes du Massacre de Katogota AVIMAK, en collaboration avec les autorités du territoire d’Uvira, a commémoré ce jeudi 14 mai 2026 le 26ᵉ anniversaire du massacre de Katogota.Cette tragédie, survenue le 14 mai 2000, avait coûté la vie à 375 personnes, qui auraient été tuées par les rebelles du RCD-Goma.

Les activités de commémoration ont débuté par une messe de requiem célébrée à la Paroisse Cathédrale Saint-Paul d’Uvira par l’Abbé Gilbert Songa.

Dans son homélie, le célébrant a appelé les familles des victimes ainsi que les rescapés à éviter toute forme de vengeance, privilégiant plutôt le pardon et la foi en Dieu, présenté comme le juge suprême.« Ne laissez pas la haine envahir vos cœurs. Tournez-vous vers Dieu et œuvrez pour la paix », a-t-il exhorté devant les fidèles réunis pour cette cérémonie de mémoire.

Après la célébration eucharistique, une marche pacifique est partie de la cathédrale en direction de la salle de l’auditorium des femmes et filles de la mairie d’Uvira. Sur place, plusieurs témoignages poignants des rescapés et des familles des victimes ont été recueillis.

Le représentant du Fonds National de Réparation des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), ainsi que le Vice-gouverneur et Gouverneur ad intérim du Sud-Kivu, ont également pris la parole.

Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire plusieurs messages réclamant vérité, justice et réparation communautaire. Parmi ces messages figuraient notamment : « Katogota n’est pas un incident. C’est un massacre » ou encore « Nommer les faits avec clarté est le premier acte de justice ».

Dans son allocution, le Gouverneur ad intérim du Sud-Kivu a rassuré la population, particulièrement celle de Katogota, de l’engagement du gouvernement à œuvrer pour que de telles atrocités ne se reproduisent plus. Il a également affirmé que les victimes seront indemnisées à travers le FONAREV.

Cette commémoration a ainsi été marquée par le devoir de mémoire, les appels à la justice et la volonté des victimes d’obtenir reconnaissance et réparation, vingt-six ans après l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente du territoire d’Uvira.

Joseph Laisi

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