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Uvira: 283 cas de violences numériques faites aux femmes et aux jeunes filles ainsi qu’aux hommes rapportés en l’espace de deux semaines. Les femmes et jeunes filles constituent la majorité de ces cas. (Rapport d’enquête La Cloche).

283 cas de violences numériques faites aux femmes et aux jeunes filles ainsi qu’aux hommes ont été rapportés en l’espace de deux semaines, soit du 8 au 24 avril 2025 dans la ville d’Uvira au Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Les femmes et jeunes filles sont les plus victimes.

Ce sont les données fournies par l’association d’éducation aux médias et à l’information en RDC, LA CLOCHE asbl, dans son rapport de l’enquête sur les violences numériques des droits des jeunes filles et femmes.

Dans ce rapport il est souligné que sur 305 personnes utilisatrices des réseaux ou médias sociaux enquêtées et dont l’âge varie entre 13 et 40 ans, parmi lesquelles 241 femmes, 283 soit 92,4% ont répondu être victimes d’une violence en ligne ou virtuelle; 18 autres soit 5,8% ont dit n’être pas victimes et 4 parmi les enquêtés soit 1,3% ont dit ne connaitre pas si elles ont été victimes ou pas.

Cléophas KYEMBWE BABU, Directeur de l’association La Cloche, au cours d’une conférence de presse tenue dans la salle Centre de Ressources pour les Jeunes d’Uvira, précise que cette enquête a été initiée dans l’objectif non seulement de s’imprégner de l’ampleur des violences virtuelles et cyberattaques à l’égard des jeunes filles et femmes; mais aussi identifier des actions concrètes d’éducation numériques pouvant promouvoir les droits de l’homme et surtout ceux de la jeune fille et femme.

«En RDC et plus particulièrement dans sa partie orientale, la majorité de jeunes filles et femmes sont dépourvues des connaissances sur l’usage de la nouvelle technologie de l’information et de la communication quoi que prévue dans les objectifs de développement durable. Ces défis sont dus par le niveau faible d’instruction des jeunes filles et femmes, la prédominance des normes et pratiques discriminant la femme et les jeunes filles dans certaines tribus locales. Cette imposition culturelle des mœurs et coutumes bloquent l’avancée des jeunes filles et femmes et leur compétitivité sur les marchés de l’emploi, stigmatisent l’émancipation numérique des femmes et filles, crée des préjugés et stéréotypes à leur égard. Aujourd’hui avec l’émergence des médias sociaux, les femmes et filles restent victimes des plusieurs violences virtuelles ou numériques, des cyberattaques, d’usurpation de l’identité, d’atteinte à leur dignité suite au mépris des droits de ces dernières quoi que cette distinction n’a pas été faite par les règles légales face à l’égoïsme des normes sociales rétrogrades qui favorisent les jeunes garçons aux détriments des filles et femmes. Elles sont victimes de la désinformation, de la mésinformation, la perte de l’emploi par manque de connaissance en information et internet. C’est dans cette optique que nous avons mené cette enquête pour que des actions d’éducation numériques pouvant promouvoir les droits de la jeune fille et femme en particulier soient mises en place» signale Cléophas KYEMBWE BABU.

Parmi les types de violences dont ces femmes et jeunes filles ont été victimes en ligne, le rapport note en première position le harcèlement sexuel répété avec lui seul 107 cas, violence à caractère sexiste, 67 cas, la diffusion de fausses informations ou rumeurs, 37 cas, les insultes, moqueries,  humiliations, des propos déplacés, Chantage, le partage de photos ou vidéos des jeunes filles et femmes sans consentement, menaces morale, violences psychologies, des intimidations, des menaces de mort, etc.

Ledit rapport renseigne que les plateformes Facebook, Instagram, TikTok et la Messagerie WhatsApp sont les principaux réseaux sociaux sur lesquels ces femmes et jeunes filles ont subi ces violences. Les auteurs en majorité sont des inconnus et difficilement identifiables par les victimes, ajoute ce document consulté par la Radio Notre Dame de Tanganyika.

Les résultats de l’enquête ont élucidé les conséquences psychologiques que sont exposées les jeunes filles et femmes une fois atteintes par la violence en ligne, notamment : les stress, la dépression, problème du sommeil, isolement social, ainsi que la perte de confiance en soi.

Parmi les stratégies soulevées dans ce document pour y faire face, peut-on citer le renforcement des capacités des jeunes, particulièrement les filles et femmes sur la cybercriminalité et cyber sécurité, l’initiation à la technique de vérification des faits et sur la Nouvelle Technologie de l’information et de la communication, le renforcement de la collaboration entre les médias sociaux et les Etats pour réguler l’espace numérique en vue de mettre fin aux violences , la mise en place et la matérialisation des lois qui réprimandent les récalcitrants en ligne.

La Cloche recommande,

A l’Etat Congolais

  1. De vulgariser les lois pénales et loi sur les numériques,
  2. Former les jeunes filles et femmes sur la protection numérique, physique et la sécurité numérique ainsi que sur les techniques de prise en charge psychologique personnelle après des violences commises à son égard.

Aux établissements scolaires éducatifs

  1. Renforcer les leçons sur les outils de la nouvelle technologie de l’information et de communication,
  2. Intégrer l’éducation aux médias et à l’information et le fact-checking dans le cursus scolaire

Aux plateformes numériques

  1. Former les jeunes, particulièrement les filles et femmes sur la cybercriminalité et cyber sécurité
  2. Renforcer leurs capacités sur l’initiation à la technique de vérification des faits et à l’utilisation responsables des médias sociaux,
  3. Initier les techniques de collaborations entre les médias sociaux avec l’Etat pour réguler l’espace numérique en vue de mettre fin aux violences récurrentes observées,
  4. Former les membres de la communauté sur la parentalité numérique,
  5. Mener des séances de plaidoyer sur l’application des lois pénales et sur le numérique,
  6. Développer des stratégies de lutte contre les discours de haine, désinformation et mésinformation,
  7. Partager des messages de sensibilisation sur le respect des droits de la femme et jeune fille à travers les réseaux sociaux et les médias

Aux jeunes

  1. De continuer à développer des bonnes pratiques pouvant promouvoir les droits des jeunes filles et femmes
  2. De développer des stratégies de counseling entre les jeunes

Sifa Munyaka Angèle.

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