La zone de santé d’Uvira toujours confrontée à l’épidémie de choléra : 26 nouveaux cas enregistrés en une semaine
La zone de santé d’Uvira reste en situation d’épidémie de choléra depuis la fin du mois de février 2025. Selon Jaime Saidi, chargé de communication au sein de cette zone de santé et point focal choléra, la transmission de la maladie se poursuit, avec un afflux constant de malades dans les Centres de Traitement du Choléra (CTC) et les Installations de Traitement du Choléra (ITC).
«Les cas continuent d’affluer en provenance de différents quartiers de la ville», explique-t-il au reporter de la Radio Notre Dame de Tanganyika, ce mercredi 21 janvier 2026. Au cours de la semaine épidémiologique 3, 26 nouveaux cas ont été enregistrés, confirmant la persistance de l’épidémie dans la région.
Cette recrudescence est en grande partie liée aux déplacements internes de populations. «Des familles venues de Makobo, Kigongo et Kabimba se sont installées dans la commune de Kalundu, ce qui explique le nombre élevé de cas signalés dans cette zone. Au nord de la ville, des déplacés en provenance de Luvungi et Sange, fuyant les violences armées, ont été accueillis dans des familles à Kavimvira, où plusieurs cas de choléra ont également été notifiés» ajoute Jaime Saidi.
D’après cet agent sanitaire, les aires de santé les plus touchées sont principalement celles ayant accueilli un grand nombre de déplacés internes. Il s’agit notamment de Kalundu CEPAC, Kalundu Catholique et Kalundu État, ainsi que de Kavimvira et Kilomoni au nord de la ville.
Face à cette situation, des actions de santé publique sont menées avec l’appui de partenaires humanitaires tels que l’OMS et Oxfam, a-t-il souligné. Des sites de chloration ont été installés dans certains quartiers, notamment à Kalundu et Kavimvira, afin de permettre à la population d’avoir accès à de l’eau potable. Toutefois, ces efforts restent insuffisants au regard des besoins.
«Uvira fait face à un sérieux problème d’accès à l’eau potable. L’eau disponible ne couvre pas toute la population», souligne Jaime Saidi. Il appelle la communauté à renforcer le traitement de l’eau à domicile en utilisant des produits de purification disponibles localement, tels que les Aquatabs ou le chlore Uzima produit à Kilomoni.
Au-delà de l’eau, l’amélioration de l’hygiène reste un élément clé dans la lutte contre cette maladie des mains sales. Il insiste sur l’importance de l’hygiène des mains, de l’eau et des aliments. Jaime Saidi appelle également tous les services publics et privés de la ville à s’impliquer, estimant que la lutte contre le choléra est une responsabilité collective.
Plusieurs défis persistent, notamment l’absence de partenaires pour la prise en charge nutritionnelle des patients dans les CTC, renseigne-t-il. A cela s’ajoute la rareté de l’eau potable dans les ménages, poussant certaines familles à consommer des eaux non traitées.
La montée des eaux du lac Tanganyika constitue un autre facteur aggravant. L’eau du lac, contaminée en raison de l’inondation des latrines et des déchets, continue pourtant d’être utilisée par une partie de la population.
La zone de santé d’Uvira lance ainsi un cri d’alarme, en particulier pour les habitants de Kalundu et Kalundu CEPAC, où des robinets installés sans traitement de l’eau continuent d’être utilisés. «Il est urgent d’intervenir pour protéger cette population qui consomme une eau non traitée», alerte Jaime Saidi, appelant les acteurs humanitaires et les autorités à une action rapide et concertée.
Signalons que la Zone de santé d’Uvira a enregistré 1735 cas de choléra, dont 11 décès au courant de l’année 2025, un bilan plus que doublé par rapport à l’année précédente. Cette recrudescence préoccupante d’après des sources hospitalières, est principalement liée à l’afflux massif de populations et à la persistance de mauvaises conditions d’hygiène.
Sifa Munyaka Angèle

