Meurtres, viols et vols nocturnes à Uvira : Monseigneur Muyengo appelle à une implication urgente des autorités
L’Évêque du Diocèse d’Uvira, Monseigneur Sébastien-Joseph Muyengo Mulombe, a exprimé sa profonde inquiétude face à la recrudescence des cas d’insécurité dans la ville et le territoire d’Uvira.
S’exprimant au cours d’une messe célébrée à l’occasion de l’ordination diaconale, ce dimanche 8 février 2026, à la place Saint-Pierre de la Paroisse Cathédrale Saint-Paul d’Uvira, le prélat Catholique a dénoncé et condamné les meurtres, viols, vols nocturnes, arrestations arbitraires et enlèvements dont est victime la population locale depuis le mois de décembre 2025 à ce jour.
«Beaucoup d’entre nous ont perdu la vie et le nombre exact reste inconnu. D’autres ont trouvé la mort dans la rivière Ruzizi alors qu’ils tentaient de traverser vers le Burundi pour sauver leur vie», a-t-il déploré, en référence aux événements de décembre dernier, marqués par la prise de la ville d’Uvira par le M23/AFC, suivie de leur retrait et du retour des FARDC et des Wazalendo.
Monseigneur Muyengo a également dénoncé les attaques nocturnes et les tueries enregistrées ces derniers jours, notamment dans la ville d’Uvira, où des personnes sont assassinées simplement parce qu’elles ont refusé de remettre leur téléphone à des individus armés, non autrement identifiés, parfois vêtus d’uniformes militaires. Il a appelé les autorités compétentes à s’impliquer davantage afin de restaurer la paix, la sécurité et la stabilité dans la région.
«Nous sommes traumatisés par les faits vécus. Nous vivons dans une peur permanente. Nous voulons vivre dans une Uvira stable et pacifique, une Uvira sans tueries, sans viols, sans vols ni autres formes d’insécurité», a-t-il insisté devant le gouverneur de province Jean-Jacques Purusi, des autorités militaires et les chrétiens venus pour la circonstance.
L’Évêque a par ailleurs regretté l’absence de nombreux fidèles à la messe, contraints de se réfugier à l’étranger ou dans d’autres provinces du pays suite à l’insécurité, et a exhorté les autorités à tout mettre en œuvre pour permettre le retour des Congolais d’Uvira réfugiés notamment au Burundi.
«On détient une arme pour protéger la population et ses biens, et non pour tirer sur elle», a conclu Monseigneur Muyengo, appelant au renforcement des mesures sécuritaires afin d’assurer la protection des habitants.
Ces derniers temps, il ne se passe pratiquement pas une journée sans que des cas de meurtres, viols, vols ou enlèvements ne soient signalés dans la ville d’Uvira. Des civils sont tués par des hommes armés non autrement identifiés, certains en tenue militaire, d’autres en tenue civile, pour avoir refusé de remettre leur téléphone, exigence imposée par ces derniers.
Parmi les victimes figure Monsieur Walasa Musombwa Wenceslas, agent de l’économat général du Diocèse d’Uvira. Il a été abattu à bout portant par des individus non identifiés, à quelques mètres de son domicile, dans le quartier Nyamianda, commune de Kalundu, dans la nuit du 5 février 2026. Selon les témoignages recueillis auprès des voisins, les assaillants lui avaient exigé son téléphone. Face à son refus, ils ont ouvert le feu sur lui.
Par ailleurs, des maisons sont régulièrement visitées la nuit dans plusieurs quartiers de la ville par des personnes armées et en uniforme, parmi lesquelles de femmes selon des témoignages de certaines victimes au quartier Kabindula. Des biens sont emportés et des blessés parfois enregistrés. Des alertes sont fréquemment relayées dans différents groupes WhatsApp par des victimes en pleine attaque, appelant à l’intervention urgente des autorités compétentes.
Sifa Munyaka Angele

