Tenue de la deuxième réunion trimestrielle de planification et de suivi de la situation sécuritaire du groupement de Kalungwe : des progrès enregistrés
La deuxième réunion trimestrielle de planification et de suivi de la situation sécuritaire du groupement de Kalungwe, en chefferie des Bavira, s’est tenue ce mardi 2 décembre 2025. La rencontre, organisée dans la salle de l’Hôtel Suzana à Kimanga, dans la commune de Kalundu à Uvira, province du Sud-Kivu en RDC, a réuni les autorités locales, les forces de sécurité ainsi que des représentants de la société civile du milieu.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet «Tukutane Tena», mis en œuvre par l’organisation internationale Search For Common Ground SFCG, avec l’appui financier du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de France. Le projet vise à promouvoir la cohésion sociale, la sécurité et la résilience des communautés des hauts et moyens plateaux de l’Est de la RDC.
Au total, 22 participants ont pris part aux échanges. Ils ont salué plusieurs avancées par rapport aux problèmes sécuritaires identifiés lors de la première réunion trimestrielle tenue en juillet dernier. Parmi les progrès signalés, ils ont cité :
- Une diminution significative des menaces attribuées à certains combattants Wazalendo dans les villages de Kabimba et Kigongo, après des séances de sensibilisation menées par les chefs locaux et le comité des femmes vendeuses,
- L’identification et la mise à disposition de listes de membres de certains groupes Wazalendo auprès de certains chefs de villages,
- La suppression de barrières illégales érigées par des éléments Wazalendo sur la RN5, notamment dans le village de Kabone,
- Une réduction significative des plaintes entre éleveurs et agriculteurs dans les villages de Kigongo, Kabimba et Kabone. Alors que plus de 20 plaintes par mois étaient enregistrées auparavant, le mois de novembre s’est conclu avec un seul cas à Kigongo et aucun à Kabone,
- La prise de conscience de certains responsables Wazalendo, notamment un général autoproclamé qui a publiquement interdit la divagation du bétail pour protéger les cultures.
Malgré ces progrès, le Comité Local de Sécurité (CLS) de Kalungwe a relevé la persistance de tensions entre éleveurs et agriculteurs dans certains villages. Dans plusieurs cas, les plaignants reviennent demander la libération des bêtes saisies, par crainte de représailles ou parce que les propriétaires font partie de leur famille.
Parmi les actions prioritaires identifiées par les participants pour y remédier, on pouvait noter :
- Le maintien d’un dialogue permanent entre forces de sécurité, Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et communautés locales à travers des réunions hebdomadaires,
- Le renforcement des clôtures autour des champs situés à proximité des habitations,
- L’organisation de tournées du chef de groupement dans les différents villages afin de prévenir les conflits de limites,
- l’organisation des sensibilisations par la société civile et la jeunesse pour lutter contre la consommation des boissons fortement alcoolisées et éclairer sur les questions de succession (héritage) qui sont à la base des problèmes dans les communautés, et tant d’autres mesures visant à répondre aux problèmes sécuritaires ont été recensées.
Pour chaque action proposée, les responsables, les parties prenantes, ainsi que les dates d’exécution ont été clairement définis.
Selon Innocent Kabi, chargé du projet «Tukutane Tena» au sein de SFCG, cette initiative permet au CLS de Kalungwe de contribuer efficacement à la restauration de la paix, de la sécurité et du vivre-ensemble, et de renforcer la collaboration entre les acteurs locaux.
Rappelons que lors de la première réunion tenue en juillet, un mini-Plan Local de Sécurité Annuel (mini-PLSA) avait été élaboré. Quatorze problèmes alimentant l’insécurité avaient été identifiés, notamment :
- La présence d’éléments incontrôlés au sein des groupes armés locaux dits Wazalendo, actuellement reconnus comme VDP (Volontaires pour la Défense de la Patrie)
- Les conflits liés à la transhumance; incluant la destruction de cultures et les occupations illégales des pâturages, opposant agriculteurs et éleveurs,
- Les conflits de limites administratives entre villages ;
- Le conflit de limites entre le groupement de Kalungwe et la ville d’Uvira ;
- La consommation et la vente de boissons fortement alcoolisées ;
- Le vol de cultures dans les champs;
- La divagation des chimpanzés et d’animaux domestiques dans les villages de Kabone, Bumba, Kalungwe, Rugembe, Muheta 2, et d’hippopotames dans les villages de Kabimba, Katongo et Kigongo hippopotames;
- Les conflits autour de la gestion des marchés (Kigongo, Katongo, Kabimba);
- Les conflits fonciers ;
- Les tracasseries administratives, militaires et judiciaires ;
- Les violences basées sur le genre, conflits d’héritage et mariages précoces ;
- La recrudescence de l’insécurité (vol de bétail, vols à main armée) ;
- La justice populaire ;
- Les catastrophes naturelles.
Signalons qu’à l’issue de la réunion, les participants ont salué l’initiative et exprimé l’espoir de voir des résultats tangibles sur le terrain.
Busseny Malole Benjamin, chef du groupement de Kalungwe, a remercié SFCG pour l’appui apporté et s’est engagé à effectuer des tournées dans l’ensemble des villages du groupement afin de s’enquérir des problèmes que connaît son entité et de tenter d’y apporter des solutions. Il a également exhorté les membres du CLS à s’approprier le projet «Tukutane Tena» pour en garantir la mise en œuvre effective.
Sifa Munyaka Angèle

