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Sud-Kivu : Un Programme de Réponse intégrée aux Violences Sexuelles Basées sur le Genre lancé dans la zone de santé d’Uvira par le réseau MUUNGANO TEGEMEZA

Le Programme de Réponse intégrée aux Violences Sexuelles Basées sur le Genre (VSBG) dans la zone de santé d’Uvira a été officiellement lancé ce vendredi 29 mai 2026.

Cette initiative est mise en œuvre par le réseau MUUNGANO TEGEMEZA, une plateforme regroupant huit organisations locales, dont le Centre Bethanie, ADED, SOSAME, HAKI YETU, SOS-FEC, CCAP, CEPROS et CEFI, avec l’appui financier de Liliane Fonds.

La cérémonie de lancement s’est tenue dans la salle de la femme du bureau Genre, Famille et Enfant de la ville d’Uvira, située au quartier Kimanga, dans la commune de Kalundu. Elle a réuni des agents de santé, des autorités civiles, des forces de sécurité ainsi que des organisations engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

Selon les organisateurs, ce programme s’étend du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027. Il vise globalement à contribuer à la réduction des violences sexuelles et à l’amélioration de l’accès des survivantes handicapées à une réponse intégrée sensible à leurs besoins dans la zone d’ici 2028.

Officiellement lancé par le maire adjoint faisant fonction de maire de la ville d’Uvira, ce programme s’inscrit dans un contexte marqué par la forte prévalence des violences sexuelles et basées sur le genre dans l’Est de la République Démocratique du Congo, caractérisé également par la vulnérabilité accrue des femmes, des filles et des personnes vivant avec handicap, l’insuffisance de services accessibles, coordonnés et inclusifs, ainsi que la persistance de l’impunité et de normes sociales discriminatoires.

Parmi les principaux défis auxquels font face les survivantes figurent le faible accès aux services médicaux, psychosociaux et juridiques, la stigmatisation et la peur de dénoncer, la faible coordination des acteurs, ainsi que l’exclusion des enfants et des jeunes en situation de handicap des dispositifs de prise en charge

C’est dans cette optique que ce programme intervient, avec pour objectifs spécifiques de renforcer les mécanismes communautaires de prévention des VSBG, d’améliorer l’accès et la qualité des services intégrés destinés aux survivantes, et de consolider les capacités des acteurs locaux et étatiques dans la lutte contre ces violences.

Au total, 200 survivantes et survivants des VSBG seront directement pris en charge, incluant des cas de violences sexuelles, de harcèlement, de mariages précoces et forcés, d’exploitation économique ainsi que d’autres formes de violences. Parmi les actions prévues figurent la prise en charge médicale, psychosociale et juridique, l’accompagnement en santé mentale, ainsi que l’organisation de cliniques mobiles inclusives.

Les responsables du programme ont, à cette occasion, appelé les parties prenantes à s’impliquer activement dans la mobilisation communautaire afin de prévenir et lutter efficacement contre les VSBG dans la zone, mais aussi à promouvoir la dignité et les droits des survivantes.

Saluant cette initiative, les participants ont indiqué qu’elle répond à un besoin crucial dans le contexte actuel. Ils ont exprimé l’espoir qu’elle contribuera à améliorer la prise en charge des survivantes, à réduire les cas de VSBG et à renforcer l’engagement des communautés.

Il convient de souligner que ce programme est mis en œuvre dans un contexte particulièrement fragile, marqué par l’insécurité liée aux conflits armés, où de nombreux cas de violences sexuelles sont régulièrement rapportés. Entre décembre 2025 et février 2026, au moins 1 129 cas de violences sexuelles ont été enregistrés dans la zone de santé d’Uvira, selon les données fournies par l’infirmier superviseur de cette entité sanitaire.

Sifa Munyaka Angèle

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