La fermeture de la frontière entre la RDC et le Burundi : un frein pour les petits commerçants transfrontaliers d’Uvira
Depuis la fermeture de la frontière entre la République Démocratique du Congo et le Burundi, au niveau du poste frontalier de Kavimvira, les petits commerçants d’Uvira se retrouvent confrontés à des difficultés croissantes pour maintenir leurs activités. Selon certains d’entre eux, cette fermeture a eu un impact direct sur leurs sources de revenus et leurs conditions de vie.
De nombreuses petites commerçantes indiquent qu’avant la fermeture de la frontière, elles s’approvisionnaient facilement en marchandises en provenance du Burundi, ce qui leur permettait de maintenir leurs familles. Aujourd’hui, la situation a changé. Selon elles, il est devenu de plus en plus difficile de trouver des produits de qualité à des prix abordables.
«Nos enfants n’arrivent plus à bien manger, et on ne trouve plus les habits à bas prix que l’on achetait au Burundi. La vie devient de plus en plus compliquée pour nous.» ont-t-elles déclaré dans une interview accordée à la rédaction de la RNDT.
Ces femmes commerçantes soulignent qu’elles ont également perdu un moyen essentiel de soutenir leurs familles.
«Avant la fermeture de la frontière, c’était grâce à notre activité commerciale que nous arrivions à payer la scolarité de nos enfants, à couvrir les frais de santé et à subvenir aux besoins alimentaires de nos familles. Aujourd’hui, avec la fermeture de la frontière, ces ressources sont quasi inexistantes.»
En outre, la fermeture du poste frontalier a paralysé une grande partie des petites initiatives économiques entreprises par les jeunes entrepreneurs dans la région, notamment les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Ces structures, d’après les témoignages reçus, permettaient à de nombreux jeunes commerçants d’acheter des produits au Burundi pour les revendre en République Démocratique du Congo. Mais, selon plusieurs témoignages, ces jeunes sont aujourd’hui sans activité.
«Grace aux AVEC que nous organisions, certains jeunes avaient déjà envoyé de l’argent au Burundi pour acheter des marchandises, mais celles-ci sont bloquées là-bas, et nous ne savons pas quand nous pourrons les récupérer», explique Alliance Mupanzi, un jeune engagé dans le petit commerce transfrontalier à Sange.
Selon les témoignages recueillis, des transporteurs apportaient régulièrement des produits alimentaires et non alimentaires à Uvira en provenance de petits commerçants du Burundi. En échange, les commerçants locaux récupéraient ces marchandises et remettaient l’argent aux transitaires, qui allaient ensuite le donner à leurs partenaires Burundais, propriétaires des marchandises. Mais avec la fermeture des frontières, ce système a été complètement interrompu.
«Aujourd’hui, nous n’avons plus accès à ces produits. Cela complique encore plus la situation», déplore une autre commerçante rencontrée au marché Kalimabenge.
Face à cette crise, les commerçants de la ville d’Uvira et de ses environs lancent un appel aux autorités. Ils demandent la réouverture de la frontière, soulignant que leur activité dépend de ces échanges transfrontaliers pour pouvoir reprendre le cours normal de leur vie économique.
«Nous demandons à ce que la frontière soit réouverte pour que nous puissions nous réapprovisionner et améliorer nos conditions de vie. La situation devient intenable pour nous et nos familles», concluent-ils.
La réouverture de la frontière demeure un enjeu majeur pour ces commerçants, qui continuent d’espérer une intervention rapide des autorités afin de remettre leur activité sur les rails.
Sifa Munyaka Angèle

