Renforcement de la cohésion sociale, de la sécurité et de la résilience communautaire à Uvira à travers le projet Tukutane Tena : des progrès notables malgré des défis persistants
L’Organisation internationale Search For Common Ground (SFCG) poursuit ses efforts en faveur du renforcement de la cohésion sociale, de la sécurité et de la résilience communautaire dans les hauts et moyens plateaux de l’Est de la République Démocratique du Congo, à travers son projet Tukutane Tena.
Dans ce cadre, l’ONG a organisé, une nouvelle fois, deux réunions trimestrielles de planification et de suivi de la situation sécuritaire à Uvira. La première s’est tenue le 26 mars 2026 et a réuni les forces de sécurité, les autorités civiles ainsi que les représentants de la société civile du groupement de Kalungwe, en chefferie des Bavira. La seconde, organisée le 27 mars, a concerné les acteurs de la commune de Kalundu, dans la mairie d’Uvira. Les travaux se sont déroulés dans la salle de Caritas, située au quartier Kimanga, dans la commune de Kalundu, en ville d’Uvira, Sud-Kivu.
Selon les organisateurs, ces rencontres visaient à évaluer les progrès réalisés, les défis rencontrés et les leçons tirées de la mise en œuvre du Plan Local de Sécurité Annuel (PLSA) du groupement de Kalungwe en chefferie des Bavira, ainsi que du Plan d’Actions Opérationnel révisé du Plan d’Actions Sécuritaires (PAS) de la ville d’Uvira. Elles avaient également pour objectif d’identifier les actions à renforcer, de compléter celles proposées lors des précédentes réunions et de définir de nouvelles priorités.
Sifa Munyaka Angèle, journaliste à la Radio Notre Dame de Tanganyika et membre de l’Union des Femmes des Médias pour la Paix, deux structures partenaires de SFCG dans ce projet, et l’un des facilitateurs de l’activité, a souligné l’importance de ces cadres d’échange. Selon elle, ces rencontres contribuent à renforcer la communication et la collaboration entre les différents acteurs, en vue de créer un environnement sûr pour tous, mais aussi de favoriser des actions conjointes pour une sécurité durable et un retour sécurisé des personnes déplacées dans leurs milieux d’origine.
Malgré la persistance de certains défis sécuritaires, les participants du groupement de Kalungwe ont salué des avancées notables concernant les 14 problèmes identifiés dans leur Plan Local de Sécurité Annuel. Ils ont notamment relevé une diminution significative des vols de bétail, des braquages à main armée, des cas de justice populaire ainsi que des tracasseries aux barrières légales et illégales sur l’axe Uvira-Fizi, grâce aux campagnes de sensibilisation menées.
Les participants ont également procédé à la mise à jour du PLSA afin de l’adapter aux nouveaux défis apparus depuis décembre dernier. Parmi les nouvelles menaces sécuritaires identifiées figurent des conflits entre habitants s’accusant mutuellement de vols à la suite des pillages enregistrés lors des déplacements de populations fuyant l’insécurité, des accusations de collaboration avec des groupes armés, ainsi que des tensions entre chefs de villages et habitants liées à la sélection des bénéficiaires de l’aide humanitaire.
Parmi les actions prioritaires retenues figurent l’organisation de dialogues communautaires et de séances de sensibilisation de masse, la tenue d’échanges entre chefs de villages, gestionnaires de marchés et autres couches sociales pour résoudre les conflits liés à la gestion des marchés de Kigongo, Katongo et Kabimba, ainsi que la plantation d’arbres pour faire face à l’augmentation des catastrophes naturelles.
Dans la commune de Kalundu, les participants ont salué la baisse des actes de justice populaire observée ces derniers mois, tout en notant une recrudescence en février dernier, liée notamment au phénomène dit de «disparition des sexes». Avant de formuler de nouvelles recommandations, ils ont identifié plusieurs menaces émergentes, dont les tapages nocturnes, les règlements de comptes, les accusations d’appartenance à des groupes armés, ainsi que le chevauchement des compétences entre certains services de l’administration publique provinciale et locale.
Dans l’ensemble, les participants ont reconnu l’impact positif du projet Tukutane Tena sur la stabilité de la région.
«Autrefois, nous vivions divisés, nourrissant des sentiments de méfiance et de haine. Certains se considéraient comme les seuls véritables habitants du milieu, excluant les autres, ce qui alimentait les conflits. Aujourd’hui, grâce aux activités de Search for Common Ground et aux sensibilisations menées dans le cadre de ce projet, une certaine stabilité est perceptible. Ces rencontres contribuent à changer nos mentalités et à faire nous comprendre que nul n’est supérieur à l’autre, et que nous devons vivre dans l’égalité», a témoigné Ibrahim Mahugo, habitant du village Muheta 2, appelant à la poursuite de ces initiatives.
Les participants ont réaffirmé leur engagement en faveur de la consolidation de la sécurité locale et de la promotion de la résilience communautaire, s’engageant à intensifier les actions de sensibilisation afin que chaque citoyen comprenne son rôle dans la prévention de l’insécurité.
«En tant qu’actrice de la société civile, nous allons, en collaboration avec les autorités, multiplier les actions de sensibilisation afin que chacun connaisse ses responsabilités en matière de sécurité et de protection dans nos entités.» a promis Gertrude Aimée Ramazani, actrice de la société civile.
De son côté, Kwibi Ernest, chef de quartier Kilubula, a appelé les participants à s’approprier pleinement le projet, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un projet théorique, mais d’un outil pratique qui, s’il est correctement mis en œuvre, peut véritablement transformer la communauté.
«Je recommande aux chefs des six quartiers de la commune de Kalundu ainsi qu’à l’ensemble des participants de s’approprier ce projet. Il ne s’agit pas d’un projet théorique, mais d’un outil pratique. S’il est correctement mis en œuvre, il peut véritablement transformer notre communauté.»
D’autres participants ont salué la diffusion de messages de sensibilisation à travers les médias locaux, estimant qu’ils contribuent à la prise de conscience collective, au renforcement de la cohésion sociale et à la résilience communautaire.
Rédaction

