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Cohésion sociale à Uvira : leaders communautaires, religieux et politiques unis contre les discours haineux

Les participants à l’atelier de sensibilisation consacré à la lutte contre les messages et discours de haine ainsi qu’au renforcement de la cohésion sociale ont réaffirmé leur responsabilité individuelle et collective dans la promotion du respect de la dignité humaine, de la tolérance, de l’écoute mutuelle et de la coexistence pacifique. Ils ont également renouvelé leur engagement à combattre toute forme de discours haineux, à promouvoir des messages positifs favorisant le vivre-ensemble, à prévenir les tensions communautaires et à soutenir les victimes de discrimination et de stigmatisation.

Organisée du 13 au 14 mai 2026 par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), en collaboration avec l’Unité nationale chargée du reporting et des investigations, cette activité s’est tenue dans la salle de l’hôtel KTM, à Kilomoni 1, dans la commune de Kavimvira, ville d’Uvira, au Sud-Kivu, en RDC. Elle a réuni des leaders communautaires, religieux et politiques ainsi que des représentants des organisations de la société civile.

Selon Jessica Sahou, du BCNUDH, c’est dans l’objectif de contribuer à la restauration et au renforcement de la cohésion nationale et de prévenir la propagation des messages et discours de haine dans la communauté.

Dans un acte d’engagement signé, les 35 participants, dont 11 femmes ont reconnu les conséquences destructrices des discours haineux sur les individus, les communautés et la paix sociale. Ils se sont engagés à refuser toute forme de discours de haine, qu’il soit verbal, écrit ou diffusé en ligne, à adopter un langage respectueux envers toutes les personnes sans distinction, et à développer un esprit critique face aux informations relayées.

Les signataires ont également promis d’intervenir de manière pacifique face aux propos haineux à travers la sensibilisation et le dialogue, de soutenir les victimes de discrimination, de promouvoir la tolérance et la compréhension mutuelle, ainsi que de participer activement aux campagnes et initiatives de sensibilisation. Ils ont en outre pris l’engagement de ne pas relayer de contenus haineux ou discriminatoires, de signaler les contenus inappropriés sur les plateformes numériques et de produire des contre-discours constructifs afin de promouvoir la diversité et la coexistence pacifique.

Nyange Jules Lungusu Lucien, communicateur provincial du parti politique ECIDE et LAMUKA, a souligné l’importance de cette activité dans le contexte que traverse la zone où certains leaders y compris politiques alimentent, selon lui, la stigmatisation et propagent de fausses informations ainsi que des messages de haine dans le but de diviser les communautés. Il a plaidé pour l’organisation régulière de ce type d’atelier afin de renforcer davantage le vivre-ensemble et la cohésion sociale. Il a également réaffirmé son engagement personnel contre les discours de haine et indiqué que son parti prône la paix et la cohésion sociale.

«Personnellement, je reste engagé contre les discours de haine et nous recommandons au BCNUDH d’organiser également un dialogue inclusif pour consolider la cohésion sociale», a-t-il déclaré.

Pour sa part, Marie Misukyo Amisi, femme leader, a estimé que cette rencontre intervient à un moment opportun marqué par la circulation des rumeurs, des fausses interprétations et des messages favorisant la discrimination et la stigmatisation. Elle a exprimé l’espoir que les connaissances acquises au cours de l’atelier puissent produire un changement positif de mentalité si chaque participant restitue les enseignements reçus dans sa communauté. Elle s’est aussi engagée à partager ces acquis avec les femmes, les filles et les membres de son organisation PRODF, tout en mettant en pratique les notions apprises durant la formation.

De son côté, Bizuru Fanuel, président des sages Banyamulenge d’Uvira, a rappelé que la ville d’Uvira a traversé une période difficile marquée par des divisions intra et intercommunautaires. Il a indiqué que cette rencontre a permis de rapprocher à nouveau les leaders communautaires après une longue période de méfiance alimentée par les rumeurs et les fausses informations. Il a enfin assuré que les participants restitueront les messages de paix et de cohésion sociale auprès de leurs communautés respectives.

«Cette rencontre nous a permis de nous retrouver après une longue période de distance causée par les rumeurs et les fausses informations propagées durant cette crise. Nous allons transmettre ces messages de paix et de cohésion à nos communautés respectives», a-t-il souligné.

Il convient de noter que durant les deux jours de travaux, les participants ont été formés sur plusieurs thématiques, notamment la lutte contre les discours de haine, le rôle des leaders communautaires dans cette lutte, ainsi que la lutte contre la discrimination.

Sifa Munyaka Angèle

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