Journée Internationale des droits des femmes : Devant le Vice-gouverneur de la province du Sud-Kivu, les femmes d’Uvira dénoncent la persistance des violations des droits humains dont elles sont victimes depuis le début du mois de février 2025 jusqu’à ce jour. Plus de 127 cas de viol à l’endroit des femmes et filles mineures ont été enregistrés du 15 au 22 février 2025 (Mémorandum)
Dans un mémorandum adressé au gouverneur de la province du Sud-Kivu à l’occasion de la Journée Internationale dédiée aux droits des femmes, les femmes de la ville d’Uvira dénoncent la persistance des violations des droits humains dont elles sont victimes depuis le début du mois de février 2025 jusqu’à ce jour.
Devant le Vice-gouverneur de province dans l’auditorium des femmes et filles de la mairie où a eu lieu la prière œcuménique ce samedi 8 mars, ces femmes venues des différentes couches sociales dénoncent les cas de viol, des tueries à répétition, tortures, des enlèvements des femmes et jeunes, des avortements spontanés suite au crépitement des balles causés par les FARDC et les combattants Wazalendo pendant cette période. A celà s’ajoutent les cas de pillage et de vandalisme contre les infrastructures étatiques, qui n’ont pas épargné la stabilité et la quiétude des femmes d’Uvira, disent-elles.
Dans ce même document, il est signifié que plus de 127 femmes et filles mineures ont été violées par des inciviques en l’espace d’une semaine soit du 15 au 22 février 2025, une situation ayant laissé des cicatrices profondes non seulement sur les survivantes qui restent jusque-là sans traitements médicaux appropriés ou psychologiques mais aussi sur l’ensemble de la communauté Uviroise.
Scandant de chansons qui demandent la paix et l’unité nationale, ces femmes habillées majoritairement en blanc, disent que ces violences ne doivent pas devenir un outil pour résoudre les conflits et ne doivent en aucun cas être tolérées.
Face à cette situation, les femmes d’Uvira, parmi leurs recommandations, demandent au président de la République de matérialiser la paix et la sécurité pour le bien-être de la femme et de tous les Congolais. Au ministère des affaires sociales et humanitaires de disponibiliser les fonds d’assistance humanitaire des femmes et filles victimes des violences, épouses et veuves des militaires. Au gouvernement provincial de procéder non seulement à l’ouverture d’une enquête indépendante pour identifier et sanctionner les auteurs de ces atrocités afin que l’impunité ne devienne pas une norme mais aussi mettre en place un fonds d’urgence pour garantir la prise en charge gratuite et complète des survivantes de violences sexuelles et celles basées sur le genre. Les éléments FARDC et Wazalendo doivent à leur tour respecter les droits humains et les droits internationaux humanitaires. Et enfin les organisations internationales humanitaires et celle des sociétés civiles doivent intensifier des actions de sensibilisation pour encourager les survivantes à briser le silence et à se rendre dans les structures sanitaires sans crainte de stigmatisation, écrivent-elles dans leur mémorandum.
Le Vice-gouverneur de province Jean-Jacques Elakano accompagné d’autres membres du gouvernement provincial dont la ministre en charge du genre, a, avant de remettre une enveloppe contenant une somme d’argent pour fêter ensemble avec ces femmes, invité ces dernières à la conscience, à dénoncer tout militaire ou muzalendo suspect dans l’insécurité et à jouer chacun son rôle pour la pacification dans le milieu. Jean-Jacques Elakano a demandé les Uviroises d’être unies pour faire face à l’insécurité causée par les mouvements AFC-M23 et ayant impacté négativement sur différents projets en cours pour le développement de la province dont la construction de la RN30, celle de la RN5 tronçon Uvira-Kamanyola et Uvira-Fizi, et la route Fizi-Mwenga. Il les a également invité au soutien envers les combattants Wazalendo et les militaires FARDC qui sont aux fronts pour la même cause.
Notons que l’activité était organisée par le bureau urbain du genre et ses organisations partenaires œuvrant dans la défense des droits humains. C’est sous le thème local «La Congolaise au centre de toutes les ambitions; les femmes d’Uvira pour la paix et la sécurité durable»
Sifa Munyaka Angèle

