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Crise sécuritaire à Uvira due à la présence du général Gasita Olivier : les élus nationaux d’Uvira appelés à faire preuve de patriotisme et de responsabilité en portant haut et fort la voix de leurs électeurs, afin de garantir à la population locale la paix, la sécurité et la dignité qu’elle mérite.

La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, traverse une crise sécuritaire depuis la réaffectation du général de brigade Gasita Olivier à la 33e région militaire basée à Uvira, en qualité de commandant second en charge des opérations et des renseignements. Cette réaffectation suscite une vive contestation de la part d’une large frange de la population locale, qui dénonce le passé controversé de cet officier et exige son départ immédiat.

Face à cette tension persistante, Kiza Tiniko, président honoraire de la jeunesse du quartier Kavimvira et jeune leader d’opinion, a exhorté les députés nationaux élus d’Uvira à faire preuve de patriotisme et à relayer les préoccupations de leurs électeurs auprès des plus hautes autorités du pays. Il les invite à intercéder urgemment auprès des autorités compétentes (Présidence de la République, Ministère de la Défense, État-major général) afin d’exiger la réaffectation du général Gasita dans une autre région où sa présence ne pose pas de problèmes sécuritaires ni sociaux.

Dans un entretien avec le reporter de la Radio Notre Dame de Tanganyika ce samedi 6 septembre 2025, il a salué le sens de responsabilité de la population civile et des jeunes membres des groupes d’autodéfense Wazalendo, qu’il décrit comme «vigilants face aux menaces pesant sur la stabilité de la ville», estimant que la contestation populaire devrait interpeller les autorités militaires et politiques.

«Nous tenons tout d’abord à saluer le patriotisme et la vigilance de la population civile ainsi que de nos jeunes Wazalendo face à la situation sécuritaire actuelle dans notre ville. Lorsque la population exprime un désaccord à l’égard d’une autorité, comme c’est le cas avec le général Gasita, il est du devoir du gouvernement central de réagir rapidement afin de prévenir toute détérioration de la situation à Uvira. Il est toujours préférable de diriger une population qui vous soutient, plutôt que de gouverner dans un climat de rejet et de méfiance, au risque de sombrer dans une hypocrisie qui pourrait produire des conséquences néfastes. Par ailleurs, les élus d’Uvira au niveau national doivent s’impliquer activement, car c’est leur base qui est aujourd’hui en souffrance» a-t-il exhorté.

Pour Kiza Tiniko, le gouvernement central devrait s’assurer du respect du principe de redevabilité dans les nominations et affectations et réaffectations militaires, en tenant compte des sensibilités locales et du passé des responsables affectés dans des zones à risques.

«Les autorités compétentes doivent agir pour préserver et renforcer la cohésion sociale, aujourd’hui fragilisée au sein de nos communautés. Cela passe soit par le maintien de l’équipe militaire actuellement en place à Uvira, soit par une réévaluation des décisions qui suscitent le rejet populaire. Un responsable digne de ce nom se doit d’analyser en profondeur les raisons du rejet d’un individu par la population, et de proposer des pistes de solutions concrètes.» a-t-il conclu.

Notons que la population d’Uvira fait face à une situation sécuritaire préoccupante depuis la réaffectation du général Gasita à la 33e région militaire basée à Uvira. Une large frange de la population exprime une perte de confiance à l’égard de ce haut responsable militaire, qu’elle accuse d’avoir contribué à la prise de certaines entités stratégiques de la province du Sud-Kivu par le groupe armé M23.

Depuis le mardi 2 septembre, toutes les activités socio-économiques sont à l’arrêt : boutiques, magasins, marchés, banques, agences de voyage, stations-service, écoles et universités sont restés fermés. Les principales artères de la ville sont désertes, seuls les véhicules des FARDC et Wazalendo y circulent.

Des tirs sporadiques retentissent nuit et jour dans la ville d’Uvira, dans le seul objectif de contester la présence de cet élément FARDC.Une série de journées «ville morte» a été lancée par des structures de la société civile ainsi que des mouvements citoyens avec le soutien des différentes mutualités locales pour exiger le départ immédiat de cet officier supérieur.

Sifa Munyaka Angèle

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