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Uvira, Sud-Kivu : Formés aux techniques de résolution des conflits, les leaders locaux et acteurs de la société civile de Mboko témoignent d’un changement positif dans la gestion des conflits et soutiennent l’approche de SFCG pour la paix et la cohésion

L’Organisation Internationale Search For Common Ground (SFCG) poursuit son engagement en faveur du renforcement de la cohésion sociale, de la sécurité et de la résilience des communautés des hauts et moyens plateaux de l’Est de la République Démocratique du Congo. Dans cette optique, elle met en œuvre plusieurs initiatives, parmi lesquelles des activités de sensibilisation et des formations axées sur la transformation pacifique des conflits.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre de son projet «Tukutane Tena», appuyé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

A cet effet, du 10 au 11 avril 2026, SFCG a organisé une session de formation sur les techniques de résolution des conflits, réunissant des leaders communautaires, des acteurs de la société civile ainsi que d’autres parties prenantes clés venus de Mboko, dans le secteur du Tanganyika en Territoire de Fizi.

L’activité s’est tenue dans la salle Shalom à Kimanga, commune de Kalundu, ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo.

Pour Madame Fatuma Abiba Béatrice, participante à cette activité, cette formation a été d’une importance capitale. Enseignante de profession, elle a déclaré avoir été particulièrement marquée par les objectifs du projet, notamment la lutte contre la désinformation et la mésinformation, qui affectent fortement sa communauté.

Elle a expliqué que, récemment, une grande partie de la population du village de Mboko a été contrainte de fuir en raison de la propagation de fausses informations et de discours de haine dans le contexte actuel, illustrant ainsi les conséquences directes de ces pratiques sur la cohésion sociale.

Revenant sur les enseignements tirés de cette formation, elle a reconnu avoir profondément remis en question sa manière de gérer les différends.

«J’ai compris que ma façon de gérer les conflits n’était pas vraiment adéquate, car il m’arrivait de prendre position ou de faire preuve de partialité. De plus, je ne maîtrisais pas les mécanismes de résolution des conflits», admet-elle.

Elle a souligné que cette formation a renforcé sa conscience et son engagement à adopter une approche plus équitable. Elle précise qu’à l’avenir, face à des situations de conflit entre individus ou groupes, elle veillera à se mettre à la place de chaque partie afin de rechercher une solution juste, dans laquelle personne ne se sentira perdant.

«Désormais, lorsque je serai amenée à recevoir des plaintes entre deux personnes ou deux groupes en conflit, je ferai l’effort de me mettre à la place de chacun afin de rechercher une solution équitable, où personne ne se sentira lésé», a-t-elle conclu.

De son côté, Christian Barhasima Safari a salué l’initiative de Search for Common Ground, qu’il considère comme une expérience enrichissante ayant contribué à changer sa perception de la gestion des conflits. «Cette activité a apporté un changement en moi, notamment dans ma manière de percevoir la gestion des conflits au sein de la communauté» a-t-il déclaré.

Il a expliqué qu’auparavant, de nombreuses personnes dans sa zone avaient recours aux combattants Wazalendo ainsi qu’aux forces de sécurité pour régler leurs différends, une pratique qui, selon lui, a fortement fragilisé la cohésion sociale.

Grâce à cette formation, il affirme avoir pris conscience de la nécessité de privilégier des approches pacifiques. «Nous devons désormais résoudre nos conflits de manière pacifique pour préserver le vivre-ensemble», a-t-il insisté.

Il a estimé également que la poursuite du projet et la multiplication des activités de sensibilisation dans toute la zone pourraient conduire à un changement positif et durable dans la manière de gérer les conflits et la restauration de la paix durable.

Enfin, il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les services de sécurité dans ces initiatives. Selon lui, certains comportements observés dans la gestion des conflits nuisent à la cohésion sociale, dans la mesure où, au lieu d’apaiser les tensions, certains éléments contribuent à les aggraver.

Il a expliqué que, dans certains cas, le conflit est traité comme une opportunité de gain, où des acteurs censés rétablir l’ordre chercheraient à en tirer profit. Une situation qui, d’après lui, transforme parfois les différends en une forme de marchandise et détériore la confiance ainsi que la collaboration entre les communautés, et entre la population et les services de sécurité.

Parmi les conflits qui affectent la sécurité dans leur entité, ils ont mentionné les conflits fonciers, les tensions entre éleveurs et agriculteurs, les disputes liées à l’héritage et au pouvoir, ainsi que les conflits d’identité.

Expliquant le projet, Innocent KABI, son responsable et facilitateur, a rappelé l’importance de cette formation destinée à 18 participants. Selon lui, l’objectif était de les équiper en tant qu’acteurs de changement, afin qu’ils puissent jouer un rôle actif dans la médiation et la résolution pacifique des conflits identifiés, contribuant ainsi à la paix et à la sécurité durables dans la région.

«Nous les formons pour qu’ils deviennent des médiateurs efficaces au sein de leurs communautés et pour qu’ils puissent prévenir l’escalade des tensions, favorisant ainsi la cohésion sociale», a-t-il ajouté.

Pendant ces deux jours, les participants ont été formés sur plusieurs modules de l’approche Common Ground, notamment : Mon identité, Adversité contre collaboration, les dynamiques visibles et invisibles d’un conflit, Répondre aux conflits, Ecoute active, Empathie et des obstacles à l’empathie, la perception, ainsi que l’Analyse des conflits, pour n’en citer que quelques-uns.

Il convient de noter que cette formation fait suite à une session de trois jours axée sur la revitalisation et le renforcement des capacités du Comité Local de Sécurité (CLS) du secteur de Tanganyika, en matière de gouvernance sécuritaire et de transformation des conflits. Cette activité s’inscrivait dans l’objectif 2 du projet, qui vise à améliorer les mécanismes de coordination sécuritaire dans les zones de retour.

Sifa Munyaka Angèle

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