Uvira: Après une semaine agitée suite aux échanges des tirs meurtriers entre éléments FARDC et wazalendo, une accalmie s’observe et les activités reprennent progressivement ce lundi 24 février.
Une accalmie s’est observée depuis le matin de ce dimanche 23 février 2025 dans la ville d’Uvira, deuxième ville de la province du Sud-Kivu en RDC. Ceci après une semaine tendue suite aux échanges de tirs entre les militaires FARDC et les wazalendo, due à une tentative de désarmement par les wazalendo, des militaires revenant du front nord Sud-Kivu et se dirigeant vers Kalemie, causant une psychose au sein de la population locale et mort d’hommes dont militaires, wazalendo et civils.
Plusieurs cas de cambriolage ont été signalés dans les trois communes de la ville. Des présumés militaires FARDC ont non seulement attaqué et pillé des individus rencontrés en cours de chemin et des maisons de paisibles citoyens mais aussi pris pour cible plusieurs boutiques, kiosques, magasins, écoles et certains bâtiments administratifs de la ville emportant de l’argent, ordinateurs et d’autres biens de valeur.Le bureau de la mairie, de la CENI et celui du commissariat lacustre de Kalundu ainsi que la RTNC sous-station d’Uvira ont été vandalisés et pillés, des attaques contre des maisons et serviteurs de Dieu signalées. C’est le cas de la maison des pères Salésiens de Don Bosco à Kinaga, de la paroisse Catholique Saints Anges Gardiens de Namianda et de l’évêché du Diocèse d’Uvira où Mgr Sébastien-Joseph Muyengo Mulombe et deux prêtres ont été obligés de s’asseoir sur les pavés par 3 éléments FARDC emportant téléphones et argent, mais aussi le Pasteur Steven Alembe, président de l’Eglise du Reveil district d’Uvira visité à son domicile et pillé par certains militaires. Des cas de violences sexuelles à l’endroit de certaines femmes ont également été rapportés à Kasenga et Namianda, renseignent des sources de la société civile.
Plusieurs dépôts relais y compris celui de la Bralima à Kalundu ont été pillés. Des cas de justices populaires contre des civils et militaires présumés voleurs ont aussi été répertoriés.Pour l’instant la circulation et les activités économiques ont repris pour quelques uns, a constaté le reporter de la Radio Notre Dame de Tanganyika ce lundi 24 février. Au niveau de la route mwami dans la commune de Kalundu et à l’endroit communément appelé deux poteaux par exemple, les revendeurs du carburant, unité et méga étalent leurs produits, les kiosques, boutiques, magasins et pharmacies sont certains ouverts et d’autres fermés. Au marché maendeleo et mulongwe les activités commerciales se déroulent dans un climat timide. Le transport en commun a également repris. Les écoles et certains bureaux administratifs restent fermés.Depuis une semaine certains quartiers de la ville font face à une pénurie d’eau potable. C’est comme dans le quartier Kabindula où malgré cette situation inhabituelle certains habitants bravent la peur et se rendent à la rivière Kalimabenge pour s’approvisionner en eau. A ceci s’ajoute la hausse du prix des denrées alimentaires.
Notons que dans plusieurs alertes de certains membres de la communauté lues sur la toile, ces derniers demandent aux autorités locales n’ayant pas pu se déplacer vers l’étranger ou la province du Tanganyika, de renforcer des mesures sécuritaires pour la protection de la population et ses biens.
Sifa Munyaka Angèle

