Uvira, Sud-Kivu : le GROUPE MILIMA lance son projet «Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés dans la ville d’Uvira à travers la lutte contre les discours de haine et de la désinformation»
Le GROUPE MILIMA a procédé, ce lundi 29 décembre 2025, au lancement officiel de son projet intitulé «Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés dans la ville d’Uvira à travers la lutte contre les discours de haine et de la désinformation». L’atelier de lancement s’est tenu dans la salle Dieu Merci, chez Papa Sumbe, à Kalimabenge, en commune de Kalundu, dans la ville d’Uvira, Sud-kivu, DRC.
D’une durée de trois mois, soit décembre 2025, janvier et février 2026, ce projet est financé par la GIZ à travers le programme QUALIPRO. Il vise à contribuer à la consolidation de la cohésion sociale et à la promotion de la paix dans la Mairie d’Uvira, en prévenant les discours de haine et la désinformation, tout en favorisant l’inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés.
Parmi les principales activités prévues figurent la production de contenus numériques positifs ainsi que la mise en œuvre d’une campagne de sensibilisation en ligne baptisée «Stop Intox», destinée à encourager une information responsable et à lutter contre la propagation des rumeurs.
«La ville d’Uvira, située à l’Est de la RDC dans la province du Sud-Kivu, fait face à une instabilité persistante marquée par une méfiance croissante entre les communautés. Les tensions ethniques, alimentées par les conflits armés récurrents, les discours de haine de certains politiciens, de membres de la diaspora extrémiste et de groupes armés locaux, ainsi que la propagation massive de fausses informations sur les réseaux sociaux, fragilisent dangereusement le tissu social», c’est ce qu’a indiqué François Rushambara, animateur au sein du GROUPE MILIMA, en expliquant le contexte qui justifie la mise en place de cette initiative.
Selon lui, ces dynamiques entraînent une stigmatisation injustifiée de certaines communautés, souvent accusées à tort de complicité avec des groupes armés.
«Ces accusations infondées renforcent les stéréotypes négatifs et sont parfois instrumentalisées pour manipuler les jeunes et les pousser à la violence, alimentant ainsi un cycle de haine, de discrimination et de conflits intercommunautaires», a-t-il ajouté.
François Rushambara a également souligné la marginalisation persistante des femmes dans les processus de consolidation de la paix, malgré leur potentiel en tant qu’actrices clés du changement social.
Face à cette situation jugée préoccupante et urgente, le GROUPE MILIMA entend renforcer les acquis de ses première et deuxième phases de projets, déjà mises en œuvre en collaboration avec la GIZ à travers QUALIPRO.
«En nous appuyant sur les médias traditionnels comme la radio, mais aussi sur les médias modernes tels que les réseaux sociaux et les plateformes en ligne, nous voulons lancer la campagne “Stop Intox” pour déconstruire les stéréotypes, lutter contre les discours de haine et promouvoir la tolérance ainsi que l’harmonie entre les communautés d’Uvira», a conclu l’animateur du projet.
Cette initiative intervient alors que la ville d’Uvira est confrontée à une dégradation continue de la situation sécuritaire, caractérisée par l’activisme de groupes armés, des déplacements internes et une fracture sociale de plus en plus marquée.
Sifa Munyaka Angèle.

