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Prix concours ProPaix «Jinsiya kwa Amani» 4 ème édition : La Journaliste Sifa Munyaka Angèle remporte le prix au côté de quatre hommes

La Journaliste Sifa Munyaka Angèle, de la Radio Notre Dame de Tanganyika, (RNDT Uvira) vient de remporter le prix Propaix lV au côté de 4 hommes.

Il s’agit de la quatrième édition du prix concours «Propaix Jinsia kwa amani», organisé par l’Association des Femmes des Médias (AFEM Sud-Kivu) en collaboration avec la Coopération Allemande GIZ, dans le cadre du projet «Promotion des droits des femmes à travers la sensibilisation et la prise en charge holistique des survivantes des VBG et autres groupes vulnérables au Sud-Kivu».

Cette démarche selon les organisateurs, vise à encourager les journalistes à s’engager dans le traitement et la diffusion des sujets sur la promotion du genre, l’égalité des sexes ou la promotion des droits à la santé sexuelle et reproductive, les questions liées à la prévention des violences sexuelles et sexistes pour le changement positif des comportements des communautés ainsi qu’à la construction de la paix dans les provinces de l’Ituni, du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC.

La première lauréate, Sifa Munyaka Angèle, a fait une meilleure production sur le thème  «Crise sécuritaire et son impact sur la femme à Uvira: Violences sexuelles et droits des femmes à Uvira, quelles mesures prises par les autorités pour prévenir ces violences»

Dans son magazine produit dénommé «La Femme et la Paix», elle a attiré l’attention sur la dégradation de la situation sécuritaire à Uvira et ses impacts dramatiques sur les femmes et les filles, particulièrement en matière de violences sexuelles et de violations des droits humains, particulièrement ceux des femmes.

Au cours de cette production, Sifa Munyaka a souligné que depuis la prise de Bukavu et l’installation provisoire des institutions provinciales à Uvira, la ville connaît une forte présence d’hommes armés, notamment des éléments des forces régulières et des combattants wazalendo. Cette militarisation accrue a plongé de nombreuses femmes et filles dans un climat de peur permanente.

Elle a évoqué plusieurs alertes et rapports de monitoring faisant état de cas répétés de viols, d’intimidations et même de meurtres, attribués à des porteurs d’armes non identifiés et à des éléments incontrôlés.

Son magazinea également parlé du silence imposé à certaines survivantes, souvent paralysées par la peur de représailles et le manque de confiance dans les mécanismes de protection et de justice. Même certaines femmes journalistes n’ont pas été épargnées, subissant du harcèlement sexuel dans l’exercice de leur profession.

L’émission a mis en lumière le fait que ces violences constituent de graves atteintes aux droits des femmes et compromettent leur épanouissement ainsi que leur participation active aux efforts de paix à Uvira, freinent leur autonomisation et fragilisent davantage le tissu communautaire.

Par ailleurs, elle a relevé les initiatives entreprises par des acteurs locaux pour accompagner les survivantes, notamment à travers l’écoute, l’assistance psychosociale et la sensibilisation communautaire. Toutefois, l’émission a aussi pointé les limites de ces efforts face à l’insécurité persistante, aux dysfonctionnements judiciaires et à l’impunité dont bénéficieraient certains auteurs de violences.

Le magazine a enfin évoqué les mesures annoncées par les autorités locales et militaires, telles que la poursuite judiciaire de certains auteurs présumés et la mise en place de mécanismes de sécurité visant à protéger la population, les femmes et filles en particuliers. Elle a néanmoins rappelé que de nombreux défis demeurent et que la protection effective des femmes et des filles exige un engagement plus fort, coordonné et durable de toutes les parties prenantes.

Dans un message de remerciement envoyé après la remise du prix, Angèle a exprimé sa gratitude envers l’AFEM et la GIZ pour cette reconnaissance. Elle a souligné que ce prix récompensait non seulement ses efforts professionnels, mais aussi la détermination nécessaire pour réaliser cette émission dans un contexte d’insécurité permanente.

«J’ai dû fournir d’importants efforts pour obtenir des réactions, tant des autorités civiles que militaires, dans ces conditions particulières où personne ne voulait parler au micro. Cette pression, ajoutée aux réalités vécues sur le terrain, a gravement affecté ma santé au point que j’ai été hospitalisée alors que le travail n’était pas encore achevé. Malgré mon état de santé, je quittais parfois l’hôpital pour aller chercher les derniers éléments nécessaires à l’émission. C’est donc littéralement en étant hospitalisée que l’émission a été finalisée, une émission qui a pour objectif de susciter une implication effective des autorités dans la prévention des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes pour permettre à ces dernières de s’épanouir et de participer pleinement dans la restauration de la paix  à Uviraa-t-elle souligné.

Mutanganye Laisi Joseph

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